Docteur Luc BODIN

Le protéinogramme va analyser une soixantaine de protéines présentes dans le sang. Cet examen va permettre une étude approfondie de l’organisme de la personne examinée. Cette étude s’effectue en plusieurs temps:


1. Dans un premier temps, on étudiera la forme générale de la courbe.

Chaque protéine est représentée sur cet examen ce qui permet d’établir ainsi la forme générale de la courbe qui est présentée habituellement sous forme d’un grand « V ». La partie centrale correspond la zone de normalité avec des variations tolérées entre un minimum et un maximum (-0,5 et +0,5 écart-type).
Au-delà de cette tolérance, commence la pathologie. Elle est représentée par les deux branches du V. La branche de droite présentera les protéines en excès et la branche de gauche, celles en déficit.
D’une manière générale, plus le V est étroit, plus les protéines sont proches de la normalité et donc moins il y a de problèmes pathologiques chez la personne analysée. Inversement en cas de branches du V très écartées ou déséquilibrées entre la droite et la gauche, la pathologie est probable : soit elle est en cours d’évolution, soit elle est en gestation.

2. Ensuite l’étude porte sur les groupes de protéines.

Afin de faciliter la lecture des protéinogrammes, les protéines ont été classées en quatre catégories portant chacune une couleur différente arbitrairement choisie :
Les Rouges. Ce sont les lipoprotéines (lipides = graisses). Elles sont neutres. Elles se trouvent modifiées lors des problèmes affectifs : angoisses, phobies, dépression…
Les Vertes. Ce sont les glucoprotéines (glucides = sucres). Elles sont acides. Elles sont en excès lors des états inflammatoires, quelle qu’en soit l’origine.
Les Bleues. Ce sont les protéines (Immunoglobulines = anticorps). Elles sont alcalines. Elles interviennent dans tous les processus immunitaires.
Les Violettes sont en fait un mélange de protéines, lipoprotéines et glucoprotéines.
Ainsi, la situation des différents groupes (couleurs) de protéines sur la courbe permettra de voir tout de suite par exemple, s’il y a beaucoup de « verts » en hypo, ou encore, si ce sont les « rouges » qui sont en faiblesse. Ces excès ou ces insuffisances des groupes de protéines seront ainsi analysés, par exemple : une baisse des glucoprotéines (hypo-vert) signifie une baisse immunitaire, une baisse des lipoprotéines (hypo-rouge) montre une fragilité nerveuse. Cette étude des groupes protéiques donnera ainsi l’idée générale du fonctionnement actuel de l’organisme.

3. Enfin on étudie chaque protéine (individuellement) en situation pathologique.
Car certaines protéines sont fortement révélatrices d’une pathologie précise, d’une fonction ou d’un organe, comme le Rivanol correspond au système lymphatique, le Sulfate de zinc aux gonades et aux surrénales, ou encore, un MES diminué signifie une grande fatigue ou une dépression.

examen - CEIA bilan - Cancer

Ainsi, diagnostiquer un cancer sur un protéinogramme, c’est possible. On retrouve généralement un protéinogramme dont les branches du V sont très écartées,
des glucoprotéines (verts) en excès : signifiant la présence d’une inflammation. Surtout si ce sont : MES, Acide Acétique, Acétate de cuivre, Phtalate acide de K+, Histidine et Acide chloranilique.
des lipoprotéines (rouges) en insuffisance : signifiant une fatigue et une baisse de moral. Surtout si ce sont : Kunkel Phénol et Burstein.

Cette association est très évocatrice d’un cancer. Dans ce cas, il convient de mettre tout en œuvre pour le rechercher ou le prévenir si n’est pas encore formé. Mais malheureusement, les résultats ne sont pas toujours aussi évidents. Car, s’il arrive qu’une courbe de protéinogramme permette d’affirmer à elle seule, un diagnostic. Généralement les résultats ne permettent tout au plus d’orienter le diagnostic vers une pathologie ou une maladie.

Dr Luc Bodin