Le cancer est une maladie qui nécessite l'intervention de plusieurs spécialistes mais aussi le choix du meilleur traitement le plus adapté à la situation de la personne. C'est pourquoi une classification précise des cancers est nécessaire. 

 Lors du bilan général (bilan diagnostic et bilan d’extension) de la personne malade, les médecins  procèdent à une « classification » du cancer trouvé. Cette étape est très importante, car elle permet aux médecins de se comprendre immédiatement entre eux lorsqu’ils parlent du cancer d’un malade. Mais surtout, cette classification permettra de définir le traitement le plus approprié à l’état actuel de la personne malade. Cette classification évite surtout bien des questionnements ultérieures. 

Fotolia_75454042_Subscription_XXL

 Une classification tumorale comporte plusieurs informations :

Le nom du cancer  qui associe :   
      
   1. Le nom de l’organe atteint (foie, estomac, prostate…)

   2. Le nom du tissu atteint dans l'organe, on parlera de :    
* Carcinomes pour les épithéliums (tissus superficiels de revêtement). Et pour les glandes qui font partie des épithéliums on parlera d’adénocarcinomes.
* Sarcomes pour le tissu conjonctif (tissu de soutien) et plus précisément :
      - de liposarcome pour le tissu adipeux,
      - de leimysosarcome pour le tissu musculaire,      
      - de fibrosarcome pour le tissu de soutien d’origine fibroblastique.
* Leucémies et Lymphomes pour le tissu hématopoïétique (sang et moelle osseuse).
Et au sein de chacun de ces trois grands groupes, se trouvent un nombre important de sous-groupes caractérisant spécifiquement chaque type de cancer.
On parle par exemple, de « sarcome des os » ou de « carcinome du sein droit». Puis vient la classification selon l’extension du cancer. 

Fotolia_75735279_Subscription_L 

La classification TNM :

Elle définit l’extension locale de la tumeur ainsi que son extension aux ganglions régionaux (adénopathies) et aux organes à distance (métastases).  
 - T = Tumeur primitive:
Tx : renseignements insuffisants,   
T0 : tumeur indétectable,   
Tis : tumeur in situ (très minime, constituée de quelques cellules),  
T1 – T2 – T3 : selon la taille de la tumeur,- N = Ganglions régionaux:
Nx : renseignements insuffisants,      
N0 : absence de ganglion,      
N1 – N2 – N3 (ou N+): présence de ganglions selon le nombre, la taille, le siège, la fixation aux tissus avoisinants… 
   
  - M = Métastase à distance  
Mx : renseignements insuffisants,      
M0 : absence de métastase,      
M1 (ou M+): présence de métastase. Cette classification TNM est générale à tous les cancers, cependant chaque cancer possède en plus, quelques caractéristiques qui lui sont propres.  

Le grade d’une tumeur :
La troisième information porte sur l’agressivité potentielle du cancer. Elle est déterminée par l’étude microscopique d’un prélèvement du cancer. 
 
L’analyse histologique (au microscope) du cancer permet de repérer certains éléments péjoratifs comme :
        - le caractère non différencié des cellules cancéreuses, 
        - le nombre important des divisons cellulaires cancéreuses,  
        - l’existence de zones nécrotiques (destruction des cellules) au sein de la tumeur…
 
 Tout ces facteurs permettent de déterminer le caractère «méchant », agressif de la tumeur. Et ainsi, cela permettra de définir le «grade» de la tumeur qui va de I à III :
       - les tumeurs de bas grade (I) sont plutôt de bon pronostic,
       - les tumeurs de haut grade (III) sont indifférenciées (anaplasiques), agressives et donc de plus mauvais pronostic.
Le stade du cancer :
 La classification TNM, associée au grade de la tumeur permettront de définir le stade de la maladie. On parle de « stadification »
 
 Cette « stadification » est différente pour chaque cancer. Retenez simplement que les stades vont de I à IV et que le stade IV est le plus avancé et le plus grave.
 

 Cette stadification est un temps très important pour les médecins. Car elle leurs permettra de choisir le meilleur traitement à proposer à la personne malade. Le stade d’un cancer permet de définir le traitement standard à lui proposer, sauf contre-indication particulière rencontrée chez la personne malade (antécédents, maladies associées, allergies, état général…).
D’autres recherches sont effectuées dans certains cancers : 
 La recherche des récepteurs hormonaux (RH) situés sur la membrane des cellules cancéreuses. On recherche par exemple, des récepteurs aux oestrogènes (RE), ou à la progestérone (RP) dans le cancer du sein. On parle alors de RE + (positif) ou de RE – (négatif) selon que ce type de récepteur est présent ou non. La présence de ces récepteurs signifie que ce cancer est hormonodépendant (stimulé par les hormones). On pourra donc proposer à la personne un traitement hormonal qui viendra bloquer ces récepteurs. Par contre, en cas de récepteur négatif (absence de récepteur), il sera inutile de proposer un traitement hormonal. On sait d’avance qu’il ne sera pas efficace.   
 
 Une recherche immunologique ou immuno-histochimique : Elle a pour but de rechercher des protéines dans certaines cellules cancéreuses à l’aide d’anti-corps particulier appelés « anticorps monoclonaux ». La présence ou non de ces protéines particulières permet d’affiner ou d’affirmer le diagnostic. Elle permet aussi de reconnaître les cancers qui ont un fort potentiel à se développer ou à métastaser. Ce domaine est en plein développement actuellement. 
A la fin du bilan, cette classification donne un résultat de ce genre :
 
 Il s’agit d’une femme de 53 ans ménopausée porteuse d’un adénocarcinome du sein droit T2 N1 M0   RE (+)  RP(-)  Erc b (+)
 Ce qui signifie : un cancer des glandes (adénocarcinome) du sein droit, avec une tumeur  primitive volumineuse (T2), une adénopathie (N1), et sans métastase détectée (M0), des récepteurs aux oestrogènes positifs (RE+), des récepteurs à la progestérone négatifs (RP-) et qui est sensible à certains anticorps monoclonaux (Erc b). Donc, des traitements à base d’œstrogène et d’anticorps monoclonaux ont toutes les chances de réussir. Par contre, un traitement à base de progestérone ne marchera pas, donc inutile à proposer.
 
 
Ainsi, cette stadification informe à quel type de cancer il s'agit et son état d’avancement. C’est un moment essentiel pour l’organisation future du traitement.
 
 Docteur Luc BODIN