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Les circonstances de découvertes d’un cancer sont aussi nombreuses qu’il y a de personnes malades.

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Le cancer a pu être découvert fortuitement lors d’un examen systématique ou d’un examen pour une autre cause : une radiographie pulmonaire de contrôle lors d’une bronchite par exemple, une échographie abdominale pour des troubles digestifs révélant une tumeur d’un rein. Cela peut être aussi la découverte d’une boule dans un sein, d’une toux opiniâtre, de problèmes urinaires, d’un grain de beauté qui grossit, d’une plaie qui ne guérit pas, des difficultés pour avaler, d’un changement de voix, de saignements digestifs, urinaires ou gynécologiques anormaux… Bref, tout ce qui est nouveau doit faire l’objet d’un avis médical.

Quelquefois ce sera déjà une métastase du cancer qui sera diagnostiquée avant même de connaître le cancer primitif. Cela se voit dans 5 à 10 % des cas : apparition d’une boule, d’un ganglion qui grossit, une douleur osseuse. Les cancers du foie, des os, du cerveau, du poumon, des ganglions peuvent être ainsi soit des cancers primitifs (cancer d’origine), soit des cancers secondaires (métastases). Lorsque le cancer primitif n’est pas retrouvé avec les examens complémentaires, l’étude histologique de la tumeur orientera souvent les recherches. Il existe de rares cas où il n’est pas retrouvé pas de tumeurs primitives, peut-être parce qu’il a guéri spontanément ? Cette perspective est très intéressante : cela signifie que des cancers peuvent guérir spontanément… et donc que l’évolution ne serait pas obligatoirement vers une aggravation du cancer.

Le diagnostic du cancer peut être porté d’emblée à la suite d’une complication : une fièvre persistante, une anomalie sur la prise de sang (baisse ou augmentation des globules rouges ou des globules blancs, augmentation du calcium…), une phlébite, une obstruction des voies urinaires, des intestins, des voies biliaires, de la moelle épinière. Il peut s’agir aussi d’un épanchement (accumulation) de liquide dans les enveloppes entourant les poumons (plèvre), le cœur (péricarde), ou dans le ventre (ascite).

Cela peut être enfin des troubles hormonaux dus à des sécrétions anormales produites par la tumeur. C’est ce que l’on appelle les « syndromes paranéoplasiques » comme, par exemple, un cancer bronchique qui fabrique de manière anormale une hormone nommée l’ACTH qui sera responsable de troubles de type œdème, hypertension artérielle, hyperpigmentation…

Ainsi, les circonstances de découverte d’un cancer sont extrêmement nombreuses et variées. Mais toute anomalie doit conduire à consulter un médecin.

Dr Luc Bodin