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Les cellules cancéreuses ne cessent jamais de se développer et d’évoluer pendant toute la durée de la maladie cancéreuse. Elles vont ainsi acquérir de nouvelles capacités. Elles s’adaptent, se perfectionnent et se dédifférencient.

Il existe des caractéristiques présentes chez toutes les cellules cancéreuses :

– Une morphologie plus grosse et plus arrondie que les cellules normales.

– Un nombre anormal de chromosomes dans leur noyau.

– Une polarisation inversée de leur membrane cellulaire.

– Une perte de la régulation cellulaire. La cellule cancéreuse se divise sans cesse, rapidement et sans qu’aucun ordre extérieur ne soit nécessaire au déclenchement de ces divisions.

– Une immortalisation des cellules cancéreuses, par activation de la « télomérase ». En effet, un télomère est un composé chimique situé à chaque extrémité des chromosomes. Dans la cellule normale, lors de chaque division cellulaire, le télomère se raccourcit. Et lorsque le télomère a complètement disparu, la cellule ne peut plus se diviser et elle se suicide (apoptose). Mais, dans la cellule cancéreuse, une enzyme de réparation du télomère, la télomérase, est active ce qui n’est pas le cas dans les cellules normales. Celle-ci va ainsi réparer le télomère et lui redonner sa taille initiale. Le télomère demeurant ainsi toujours présent, la cellule peut continuer de se diviser indéfiniment.

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– Une suppression du mécanisme normal de l’apoptose (suicide) de la cellule cancéreuse par déficience de certains gènes comme le p53.

– Une prolifération cellulaire qui ne nécessite qu’une faible présence de facteurs de croissance pour se réaliser.

– Une dédifférenciation progressive de la cellule cancéreuse, qui va perdre les caractéristiques de l’organe dont elle est issue, pour prendre un aspect de cellule totipotente (capable de se former les tissus les plus divers) comme les cellules embryonnaires.

– Une perte de l’adhérence. Les cellules cancéreuses perdent les ponts (amarres) reliant les cellules cancéreuses entre elles, rendant leur migration possible. Cela permet la formation de tumeur à distance (métastase)

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– Une capacité d’envahir les tissus adjacents, en faisant intervenir des facteurs angiogéniques (développement de vaisseaux sanguins) ou immunologiques.

– Une capacité à générer des métastases (tumeur cancéreuse secondaire) à distance.

– Une inhibition des gènes suppresseurs de métastases comme la E-cadherine. Or, ces gènes, lorsqu’ils sont en activité, s’opposent à la perte d’adhésion des cellules entre elles. La perte de fonction de la E-cadherine est donc associée à un fort potentiel métastatique.

Toutes ces particularités donnent un potentiel invasif redoutable à la cellule cancéreuse. Mais il ne faut pas minimiser par ailleurs, la puissance de réaction de l’organisme….

Dr Luc Bodin