Après la vache folle, la brebis aphteuse, la grippe du poulet, la grippe du porc est arrivée. La prochaine sera sans doute le rhume du canari ou l’angine du poisson rouge ? Il y aurait vraiment de quoi rire, si la situation n’était pas sérieuse. Car il y a des décès en France et ailleurs. 

Cependant il est troublant de constater qu’à l’heure où la médecine est triomphante, où les techniques médicales, les soins et les remèdes n’ont jamais été aussi abondants et performants… les maladies loin de disparaître ne cessent de croître en nombre et en diversité. Les nouvelles maladies appelées pudiquement « maladie émergentes » ne cessent de se développer. La première importante fut sans conteste, le Sida qui a ouvert cette ère nouvelle. Depuis, les virus du Nil et Ebola ont menacé, mais aussi les maladies comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, la maladie de Creutzfeldt-Jacob… ne cessent de se propager au grand galop parmi la population, sans parler du diabète, de l’obésité, du cancer, des dépressions, des phobies, des maladies cardiovasculaires, des schizophrénies… Tous les jours, une nouvelle maladie orpheline est observée … Parallèlement à cela, les traitements modernes et les vaccins sont arrivés péniblement à éradiquer la variole… et les autorités médicales espèrent dans l’avenir pourvoir éliminer quelques autres maladies comme la diphtérie, la polio voire aussi peut-être rougeole (mais c’est mal parti).

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Cela donne l’apparence que dès que l’on supprime une maladie, dix nouvelles apparaissent…. C’est d’ailleurs exactement ce qui se produit lorsqu’une société se développe économiquement. En effet, les populations des pays sous-développées souffrent de carences, de malnutrition et de nombreuses infections. Puis, lors de leur développement, la généralisation de l’hygiène fait diminuer peu à peu les infections pour qu’apparaissent les maladies cardiovasculaires, le surpoids, le diabète… Puis un peu plus tard, le cancer, les dépressions… pour en arriver aux maladies neurologiques.

Quand comprendra-t-on que la nature a horreur du vide ? Quand comprendra-t-on qu’il y aura toujours des maladies ? Les maladies changent simplement avec les civilisations… Aussi au lieu de chercher uniquement les solutions dans les germes, les lymphocytes NK, les prostaglandines, les cytokines, les interférons… Il conviendrait également (en plus) de lever les yeux du microscope et de s’occuper de traiter le terrain des personnes… c’est-à-dire de remonter l’état général de la population en lui fournissant une nourriture et une eau de boisson, saines et naturelles (et non simplement stérilisée), de rendre notre monde moins anxiogène (bien des solutions existent) et de redonner son véritable sens à notre société… à savoir favoriser le développement personnel de chaque citoyen au lieu d’essayer de le formater dans un moule universel.

Le terrain de chacun s’en trouverait ainsi renforcer et les maladies n’auraient plus guère de prise sur lui. Car le terrain est tout. Les terribles épidémies de peste du Moyen Age nous le démontrent fort bien. Elles ont exterminé la moitié de la population européenne de l’époque. Mais si le germe était si terrible, pourquoi n’ont-elles pas exterminé aussi l’autre moitié de la population ? Le terrain bien sûr ! C’est lui le véritable remède face aux maladies émergentes.

Dr Luc Bodin

Février 2010